Vous êtes ici

Portraits du mois d'avril : Les deux gagnantes du concours Ellesgorithme 2016

Découvrez pour ce mois les portraits des deux programeuses qui ont gagné l'édition 2016 du concours Ellesgorithme pour le développement d'application mobile dans le domaine du numérique éducatif : Anna Shvets a eu le deuxième prix et Narech Houessou le troisième.
Tags: 
24 avril 2017

Bonjour Anna, peux-tu nous présenter ton parcours et nous parler de tes projets actuels ?

Avant tout, je suis compositrice. Après mon master en composition, j’ai poursuivi mes études doctorales en musicologie. En me spécialisant dans le domaine des humanités numériques, j’ai commencé à apprendre à programmer en suivant plusieurs cours en ligne qui m’ont permis de réaliser des applications en analyse et pédagogie musicale pour ordinateur, web et mobile. L’apprentissage de la programmation a influencé mes recherches scientifiques et abouti au développent d’une approche innovante en analyse musicale axée sur le langage informatique que je présente prochainement en conférence à Paris.

Que représente le concours ELLESgorithme pour toi ?

En composition comme dans le numérique, les femmes sont trop peu représentées, c’est vraiment dommage ! Le concours ELLESgorithme est une belle opportunité pour valoriser notre travail et mettre en lumière les femmes qui créent des applications, dans n'importe quelle discipline. Je remercie les organisateurs pour cette formidable initiative.

Tu as été lauréate de ce concours ELLESgorithme. Peux-tu nous parler un peu de ta participation? Quelle a été ton projet ?

En tant que femme créatrice d’applications pédagogiques, j’ai été ravie de découvrir qu’un tel concours existait, j’étais donc super motivée pour y participer. Ce prix que j’ai gagné récompense des mois de travail et je suis très heureuse que mon application soit primée.

L’application s’intitule Jeu d’Harmonie et est destinée au développement de l’oreille musicale dans une forme ludique. L’interface de l’application se base sur la méthode de représentation musicale qui utilise les structures de graphes et de frames et qui a été testée avec un grand succès avec les étudiants de licence 1 en France et en Pologne. La méthode-même a été discutée lors de conférences internationales à Londres, Copenhague, Florence et Cracovie. Une représentation alternative à la représentation traditionnelle dans une partition, permet de focaliser l’attention de l’apprenant au phonisme d’un accord, et aux relations fonctionnelles dans une chaîne harmonique. Le public à qui l'application est destinée va des élèves de 3ème cycle des conservatoires aux étudiants de licence 1 des facultés musicologiques.

Comment vous pensez que votre projet d'application peut évoluer ?

Je prévois d’augmenter le nombre de systèmes d’exploitation mobiles, d’ajouter des tableaux permettant de suivre le progrès individuel et la communication avec des serveurs social media, permettant de partager ce progrès avec ses collègues.

Pourquoi penses-tu qu’il y a moins de femmes engagées dans le numérique, plus précisément le développement d’applications ?

Tout commence avec un stéréotype social : le métier de programmeur est vu comme un métier masculin. Imaginez votre réaction si une jeune femme vous dit qu’elle est programmeuse et vous comprenez très vite pourquoi les femmes sont plutôt découragées de poursuivre ce métier – la peur d’être dévalorisée au niveau professionnel du simple fait d’être une femme force plusieurs femmes talentueuses de choisir des métiers considérés par l’opinion publique comme plus féminins. L’histoire connaît déjà des programmeuses qui ont considérablement contribué au développement de l'informatique comme Ada Lovelace, Margaret Hamilton, Grace Hopper, Joan Clarke, le groupe des 6 programmeuses créatrices de l’ENIAC, pourtant leur travail demeure inconnu du grand public.

Quels sont d’après toi les moyens qui pourraient encourager les femmes à s'intéresser au numérique éducatif ?

La sous-représentation des femmes touche toutes les sciences dures. Il faut encourager les jeunes filles à poursuivre des études scientifiques. Les sensibiliser comme le fait ELLESgorithme aux métiers du numérique et financer les projets portés par des femmes. Plusieurs institutions ont pris conscience des disparités existantes et les rendent visibles, c’est déjà bien mais il faut continuer de développer les initiatives de bourses d'études ou de projets dédiées aux femmes scientifiques.

 

Bonjour Narech, peux-tu nous présenter ton parcours et nous parler de tes projets actuels ?

Bonjour, je me nomme HOUESSOU Hougbénou Narech, je suis Béninoise et développeuse d’applications informatiques. Depuis le bas âge, mon père a toujours orienté ma sœur et moi vers des filières scientifiques. Et étant passionnée de technologie, j'ai voulu suivre une filière technique, c’est ainsi que j’ai obtenu un BTS à l’Ecole Nationale d’Economie Appliquée et de Management (ENEAM) qui s’est validé par un stage académique à la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) où j’ai eu à travailler sur la gestion des titres publics et effets privés sur le marché monétaire de l’UEMOA.

Cette expérience m’a permis de développer les aptitudes nécessaires en programmation, ce qui a facilité mon intervention sur les projets de gestion de quelques petites entreprises sur place. C’est alors que je fus embauchée dans un cabinet de développement d’applications informatiques en tant qu’analyste Programmeur. Mon intervention sur les différents projets et la participation aux différents challenges de programmation entre collègues développeurs tels que le MTN App Challenge, Space App Challenge, Le hash Code, les 55 heures de l'Innovation de la francophonie et EllesGorithme m’ont permis d’appréhender les réalités du domaine, de maîtriser d’autres langages de programmations et de m’ouvrir davantage sur des technologies web et mobile.

Aujourd'hui, je suis développeuse Systems dans un FAI et parallèlement j'ai continué ma formation en IG à l'ENEAM afin d'obtenir une licence en informatique de Gestion.

Par ailleurs, mon intégration aux associations ou communautés de développeurs tels que FemTicDev (Femme et TIC au service du Développement)  et Benin Developers (l’association des développeurs du Bénin) m’ont permis de remarquer le besoin de notre société de personnes qualifiées, surtout des femmes dans le domaine informatique, c’est d’ailleurs pour cela que via l’association FemTicDev nous essayons de promouvoir l’informatique à l'endroit des femmes qui ne représente  qu’une minorité dans ce domaine dominé actuellement par les hommes

Que représente le concours ELLESgorithme pour toi ?

Je suis très ouverte aux challenge en développement d’applications ; je me suis souvent retrouvée à des concours où des femmes développeuses était presque inexistantes. EllesGorithme est donc le premier concours purement féminin de développement d’applications auquel j’ai eu à participer. Je trouve cette initiative de l’AUF à travers l’IFIC très louable, puisqu’elle représente un creuset pour la révélation des femmes dans les TIC et de leurs compétences via des applications développées.

EllesGorithme fut donc pour moi une grande source de motivation car il a le mérite de promouvoir les compétences féminines dans le domaine de développement d’applications informatiques. C’est bien de maîtriser le développement d’applications, mais c’est encore plus intéressant de rendre ses compétences utiles dans le domaine du numérique éducatif tout en se mesurant professionnellement à d’autres femmes du domaine pour rehausser son niveau.

Tu as été lauréate de ce concours ELLESgorithme. Peux-tu nous parler un peu de ta participation ? Quelle a été ton projet ?

Etant très grande amatrice de l’art africain, j’ai jugé opportun de le présenter plus clairement au monde via une application mobile qui permet de démystifier une quelconque œuvre d’art en prenant juste sa photo.

Pour La 1ere phase du concours, je me suis plus concentrée sur la description du projet dans toutes ses dimensions et sur une présentation de la maquette de l’application pouvant permettre au jury d’appréhender l’application mobile qui sera développée. Après la 1ére sélection je me suis donc concentrée sur le développement de l’application en elle-même.

L’application présentée Sounach a pour problématique de résoudre un problème d'identification et de manque de ressources pour se documenter sur des œuvres d’arts auquel tout passionné de l'art est en général confronté. Elle constitue donc un répertoire des œuvres d'arts africaines, une ressource de documentation et de recherche sur ces dernières.

Comment vous pensez que votre projet d'application peut évoluer ?

Sounach ne saurait exister sans la collaboration de tous les collectionneurs et galeries d’œuvres d’arts africaines. Ainsi, il nous revient de travailler sur le partenariat entre Sounach et ses entités de l’art africain afin de constituer un répertoire plus complet et de permettre aux étudiants ou passionnés d'arts de mieux se documenter et maîtriser l'art africain dans toutes ses dimensions car l’Afrique représente un terrain très peu documenté et mystifié en ce qui concerne ces propriétés artistiques.

Pourquoi penses-tu qu’il y a moins de femmes engagées dans le numérique, plus précisément le développement d’application ? 

S’il y a moins de femmes engagées dans le numérique, c’est d’abord un problème de base. Ce n’est pas l’intelligence féminine dans le développement d’application qui manque. Je trouve qu’il y a un manque considérable de communication pour la jeune fille dès le bas âge autour des secteurs techniques tels que le génie logiciel. Ce qui fait que la jeune fille qui vient d’obtenir son baccalauréat est un peu réticente pour s’engager dans une filière informatique.

Par ailleurs, dans notre société, le développeur est perçu comme un homme solitaire qui a à peine le temps de s’occuper de lui-même et qui se nourrit que des mathématiques. Ne demandez pas à la jeune femme de ne pas prendre soin d’elle, et de ne pas remplir ses obligations familiales !  Le choix est en général fait.

C’est malheureusement l’image qu’on a des développeurs mais retenons que le numérique ne se limite pas au développement d’applications informatiques, c’est un vaste domaine et il y a justement des secteurs moins contraignants.

Quels sont d’après toi, les moyens qui pourraient encourager les femmes à s'intéresser au numérique éducatif ?

Pour encourager et inciter les femmes au numérique éducatif, il faut les sensibiliser, les informer sur la nécessité de se former au numérique et l’importance du numérique dans tous les domaines professionnels.

Suite à la formation, il est important de valoriser leurs compétences dans le numérique via des projets concrets qui peuvent intéresser et impacter plus d’un.

La 2ème édition du concours est lancée depuis le 08 mars et je voudrais particulièrement solliciter la candidature des femmes développeuses pour se mettre au service du numérique éducatif en proposant des applications mobiles et en langue française dans ce domaine. 

Projets IFIC

octobre 2017

lun mar mer jeu ven sam dim
 
 
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
31