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Introduction: Le rôle des enseignants : mutation ou modernisation des pratiques

Pr Abdelkrim Jebbour, Université de Kenitra – Maroc
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01 décembre 2012

Depuis quelques décennies, l’enseignement supérieur (mais aussi les systèmes éducatifs de manière générale) est soumis à de fortes pressions émanant des pouvoirs publics, des entreprises, des parents et des étudiants. C’est que des forces de changement puissantes et interdépendantes sont à l’œuvre dans les sociétés et les économies du monde.

L’avènement des « sociétés des savoirs », la mondialisation de l’économie, les mutations du monde du travail, l’essor fulgurant des TIC, l’importance grandissante de problématiques globalisées (par exemple le développement durable, l’écologie, la solidarité, …) modifient radicalement le contexte de l’enseignement supérieur et l’interpellent sur ses missions, son public, son rapport à la société, ses outils, son organisation, …

« Les critiques prennent pour cible l’offre de formation des universités dont notamment la diversité excessive et le manque de lisibilité et de transparence du système éducatif tertiaire. Elles questionnent aussi la capacité des universitaires à former des citoyens aptes à évoluer et à participer activement dans la société et l’économie de la connaissance. On dénonce l’immobilisme des universités et leur aspect sclérosé incapable d’évoluer ou de s’adapter à de nouveaux besoins et attentes. »[1].

Que ces critiques soient fondées ou pas, il n’en reste pas moins que le rôle de l’enseignant universitaire est devenu l’objet de nombreux questionnements en rapport avec trois principales préoccupations : la nécessité de recourir aux modèles pédagogiques les plus efficaces pour enseigner et acquérir les « compétences du XXIème siècle », l’introduction de la culture de la qualité dans l’enseignement supérieur, la mise en œuvre d’une stratégie d’optimisation des apprentissages par l’usage des TICE. La présente table ronde s’inscrit au confluent de ces trois préoccupations. Vu la complexité de la question, je vous invite à focaliser vos interventions sur les trois questions suivantes :

  • Peut-on prendre pour indiscutables ces « compétences du XXIe siècle » dont on dit qu’elles sont la clé du succès des jeunes dans ce monde en mutation ?
  • Si tel est le cas, quels pourraient être les nouveaux rôles de l’enseignant universitaire et quelles nouvelles compétences doit-il acquérir pour s’acquitter au mieux de ces rôles ?
  • En quoi les TICE favorisent-elles l’acquisition de ces nouvelles compétences par les enseignants et quelles mesures mettre en place pour les accompagner ?

[1] Rege Colet Nicole & Berthiaume Denis (2009). « Savoir ou être ? Savoirs et identités professionnels chez les enseignants universitaires », p. 138. In Hofstetter Rita & Schneuwly Bernard (dir.). Savoirs en (trans)formation : au coeur des professions de l’enseignement et de la formation. Bruxelles : De Boeck. www.cairn.info/savoirs-en-trans-formation—9782804115104-p-137.htm